Ce spectacle est une réflexion douce et sensible autant qu’existentielle : du théâtre nécessaire et sans prétention, qui correspond à l'idéal poursuivi par son auteur, Viripaev : "écrire un théâtre qui fait du bien, qui ne rajoute pas de mal ou de lourdeur à ce monde, au contraire."
Étiquette : alchimie du verbe
Labio de Liebre écrit et mis en scène par Fabio Rubiano par la compagnie Teatro Petra (Colombie)
Le théâtre de Fabio Rubiano est un théâtre engagé dans la pensée et débordé par les limites étroites de la poésie : il expose une sorte d'ardeur théâtrale féconde pour accoucher de réflexions intenses sur notre condition humaine et provoquer par le rire, nos douleurs encloses...
La Mission d’Heiner Müller, dans une mise en scène de Mathias Langhoff
Par Louise Rulh Ce refus de la facilité tire ainsi un fil rouge de cette mise en scène dense et intense, dont le spectateur sort en ayant conscience de n'avoir sans doute pas saisi toutes les allusions, toutes les lectures et saisi tous les motifs, mais aussi en ayant compris qu'il vient d'assister à une grande mise en scène d'un grand texte.
Sallinger de Bernard-Marie Koltès dans une mise en scène de Léa Sananes par le collectif Rocking-Chair
Il reste qu'il s'agit là d'une très belle entrée dans l'œuvre de Koltès, avec des passages d'une très belle intensité qui esquissent des errances précieuses qui font la grandeur du théâtre de Koltès et de tous ceux qui travaillent à son rayonnement. Le Collectif Rocking-Chair est en cela un digne ambassadeur.
War & Breakfast de Mark Ravenhill dans une mise en scène de Amine Kidia
La simplicité de la mise en scène souligne la finesse du texte, souvent sur le fil, reposant sur la balance instable de l'écoute attentive d'un public pourtant bousculé et de l'interprétation fine et subtile des acteurs qui bénéficient d'une proximité et d'une intimité rare avec le public, dans la petite salle des Clochards Célestes.
L’homme hors de lui, texte et mise en scène de Valère Novarina
Le personnage de l'Homme hors de lui devient dès lors une sorte de figure quasi-christique, une essence nouvelle qui serait « le dégagement rêvé, le brisement de la grâce croisée de violence nouvelle » telle que l'annonce Rimbaud dans « Génie » (Les Illuminations). La recherche de Valère Novarina semble arriver à une musicalité nouvelle et renouvelée, qui au lieu du lyrisme sanglant et spectaculaire de la parole préfère une écume de désespoir et un reflux de vanité.
