Marcial di Fonzo Bo monte donc un spectacle-hommage à Copi, qui permet de rencontrer son univers et de pénétrer dans son esthétique par différentes portes : l'humour, l'esthétique de la destruction, la travestissement (Copi a lui-même longtemps joué des numéros de transformiste), la quête de l'identité, le rapport à l'exil et au pays d'origine, ou encore l'engagement politique et militant. L'homme transparaît ainsi derrière les textes qu'il a laissé, et qui sonnent pourtant terriblement actuels dans un contexte, 30 ans plus tard, où la France (et l'Europe) semblent se refermer et effectuer un retour en arrière en matière de diversité sociale et de vivre ensemble.
Catégorie : Critiques de Spectacles à Lyon
Je suis Fassbinder de Falk Richter et Stanislas Nordey
le travail de Fassbinder est par essence intrinsèquement lié à sa société, et il ne pouvait en être autrement pour le spectacle de Nordey et Richter, qui travaillent donc à actualiser le propos et à s'interroger sur sa pertinence dans notre monde actuel.
Le nom sur le bout de la langue de Pascal Quignard, mis en scène par Marie Vialle
Il ne faudrait pas cependant renvoyer ce spectacle à un simple statut de lieu d'expérimentation, puisqu'il constitue avant tout un retour à un âge béni de douceur, de simplicité et de calme, où le théâtre pour une fois s'isole de l'agitation du monde pour revenir à un processus universel d'écoute fondamentale.
Illusions d’Ivan Viripaev, mise en scène Olivier Maurin
Ce spectacle est une réflexion douce et sensible autant qu’existentielle : du théâtre nécessaire et sans prétention, qui correspond à l'idéal poursuivi par son auteur, Viripaev : "écrire un théâtre qui fait du bien, qui ne rajoute pas de mal ou de lourdeur à ce monde, au contraire."
Nord-Est De Torsten Buchsteiner dans une mise en scène Galina Pyanova
Le public devient littéralement acteur du spectacle, accomplissant l'idéal des théories récentes sur le sujet, mais alors qu'il est d'habitude inévitablement bloqué dans une passivité de regardant, ici cette impuissance devient elle aussi objet de jeu, renvoyant dos à dos la passivité d'un spectateur à celle forcée d'un otage.
Une longue peine, mise en scène par Didier Ruiz
La mise en scène, par système d'avancées et reculs sur le plateau nu, permet d'entrelacer les récits, de tisser des liens entre des parcours complètement différents et pourtant malheureusement trop semblables. La langue des témoignages a été retravaillée, réécrite, et pourtant on sent de temps à autre revenir la langue brute et sincère, sans filtres, de ceux qui ne sont pas habitués à utiliser les mots comme armes. Et qui pourtant parviennent avec brio à lier le fond et la forme dans un spectacle aussi beau que nécessaire.
