Nuits de Fourvière

ACOSTA DANZA / CARLOS ACOSTA aux Nuits de Fourvière

Vu au grand théâtre de Fourvière le 7 Juin pour la première, seconde représentation le 8 juin.

Le mystère et l’énergie

C’est sous une pluie battante, qu’a eu lieu la première du spectacle de la compagnie Acosta Danza au festival des Nuits de Fourvière. La soirée a réuni un public téméraire, bien trop enjoué à l’idée de voir danser l’étoile cubaine et ses incroyables danseurs.euses pour partir. Et en effet, cela aurait été bien dommage, car après les deux heures de spectacle, c’est le sourire au lèvres et le cœur plein d’entrain que l’audience s’est levée. Sans conteste, l’archipel recèle des talents et nous l’a bien montré lors de cette première venue sur le sol français pour ses interprètes. Ainsi, cinq pièces nous ont été présentées, toutes très différentes les unes des autres et chorégraphiées par des artistes des quatre coins du monde, nous ouvrant ainsi sur toute une panoplie de gestes et de styles, de prise de l’espace et de rapport à l’objet scénique tantôt ludique, tantôt lyrique. Passant d’un tableau à un autre, les transitions ne sont pourtant pas rudes, car nous sommes rapidement emportés dans la poésie de chaque œuvre qui mêle avec intelligence tous les aspects d’une œuvre complète.

La lumière se fait sur scène. Deux hommes apparaissent, de loin ils ont l’air nus. Mais un très léger vêtement les recouvre à quelques endroits intimes du corps. Le plateau est nu lui aussi, une diagonale dessinée par les éclairages délimite l’espace dans lequel ils vont se mouvoir. El cruce sobre el Niagara. La traversée du Niagara peut alors commencer. La sobriété apparente de la pièce dégage une invraisemblable sérénité, tout se passe comme si les deux hommes étaient en suspend, alors qu’ils se trouvent pourtant théoriquement au dessus d’une des chutes les plus impressionnantes du monde. Leur gestes sont harmonieux, on peinerait presque à les distinguer l’un de l’autre lorsqu’ils sont côte à côte. La danse est géométrique, rappelant à des moments des gestes hérités de Merce Cunningham : les bras tendus comme des flèches, des battements latéraux renversés. Se mêlent à cela quelques cours passages au sol où le corps effleure le plateau d’une vague fluide et maîtrisée. On aime à suivre leurs mouvements, ils sont précis, s’agencent comme les pièces d’un puzzle, mais comme des pièces très singulières, longues, triangulaires, pointues… Par sursauts, on les sent plus fébriles, et on comprend alors que cette assurance dont il ont l’air de faire preuve est tachée de crainte : n’oublions pas où nous nous trouvons. Peut-être pourrions-nous même affirmer que c’est précisément parce qu’ils sont en danger qu’une telle intimité se crée entre les deux danseurs. Par ailleurs, la façon dont l’espace est appréhendé par le jeu scénique de lumière rend la visibilité du geste encore plus précise. Notons en outre que la musique participe pleinement à cette ambiance à mi-chemin entre la crainte et l’assurance. Le morceau composé par Olivier Messaien apaise par son alliance piano/violoncelle, puis prend quelques allures inquiétantes lors qu’entrent les violons. Ils virevoltent une dernière fois, toujours dans une géométrie du geste bien calculée, et s’arrêtent. Le noir à nouveau. Terminado. Ils ont traversé le Niagara.

De cette courte mais intense traversée suit une pièce d’une infinie douceur, évoquant à la manière des premiers petits ballets baroques une idée, un sentiment, ici, les Belles Lettres. Dans le continuum de son univers néo-classique, le chorégraphe Justin Peck signe un petit écrin de beauté dédié à la littérature et aux autres arts qui prennent vie à travers le corps de la troupe. On reconnaît les mouvements très caractéristiques de cette danse, avec des danseuses sur pointes finissant penchées sur le côté leurs pirouettes à la seconde, se déhanchant les pieds en sixième avant d’effectuer une arabesque en grand écart les mains tenues par leur partenaire. Mais tout ceci s’effectue avec une grande fluidité, presque sans arrêts. La mélodie joue, puis rejoue et le corps de ballet se tend et se détend avec elle, passant par des cercles et des ribambelles de jambes et de pieds qui serpentent en chœur. Le blanc et le bleu sont les couleurs prédominantes, ce qui ajoute au charme des gracieux mouvements. Ainsi, pendant 18 minutes, nous sommes dans une bulle de beauté dont on ressort charmés, et qui a su à merveille incarner le noble concept de Beaux-arts.

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© Cie Acosta Danza

Impoderable de Goyo Montero aura quand à elle remis un pied sur le sol cubain pour quelques instants, accompagnée par la guitare de Silvio Rodriguez. Les danseurs vont pour cette pièce être équipés de tenues sombres, les faisant parfois se confondre avec le noir du plateau. Des gestes dynamiques succèdent à des partitions de groupe resserrés, puis ce groupe va éclater, se reformer. Quelques-uns des interprètes seront soulevés par le reste de la troupe, la guitare cesse. Un battement sourd comme un cœur qui résonne dans le torse assombrit l’atmosphère du plateau… Sont disposés sur le côté de la scène d’étranges objets, ressemblants à des arrosoirs en acier ou au dispositif qu’utilisent les apiculteurs afin d’enfumer leur ruches. Quelques danseurs vont les récupérer, et c’est précisément de la fumée qui en sort, sous le contrôle de l’interprète. Ils sont plusieurs à les utiliser, et de grands nuages de brume se mêlent alors au groupe. Des spots les éclairent par derrière, et les volutes de fumée tournoient avec les corps. Aussi, des rayons de lumière vont alors traverser ces grands spectres brumeux : ce sont les danseurs qui tiennent dans leurs mains des lampes torches, ce qui a pour effet de rendre les nuages opaques. Ils s’éclairent tour à tour, la lumière s’éteint, et on ne voit plus alors que des jets lumineux et des silhouettes furtives. Une forte impression de mystère nous emplit, on se laisse happer par le spectacle des corps transformés en lianes et recouverts d’un ciel laiteux.

Lorsque la pièce se termine, un duo d’une tendre intimité se joue sous nos yeux avec Carlos Acosta et Maria Ortega, chorégraphié par Sidi Larbi Cherkaoui. Les deux corps se caressent avec douceur, elle dans sa robe rouge et sensuelle nous envoûte par ses gestes à la manière d’une sirène. Carlos Acosta est également au comble de sa beauté et nous touche avec force. Tout semble naturel et glisser comme de la soie sur le plateau… Une des compositions les plus connue d’Erik Satie les accompagne, et une petite larme scintille au coin de notre œil. Enfin, pour boucler la soirée, Twelve de Jorge Crecis propose une utilisation de l’objet très dynamique et singulier : les danseurs vont parcourir la plateau en basket et tenue décontractée, se lançant des bouteilles remplies d’un liquide fluorescent. Avec une adresse de circassien, ils se les lancent tout en dansant du bout du plateau et ce n’est qu’en de très rares occasions que l’une d’elles touche le sol. Une grande énergie les habite pour la fin de cette soirée, les femmes se déhanchent et tressautent, les hommes font des bonds en l’air, des roues, des saltos… Parfois, le silence est rythmé par le bruit des bouteilles qui arrivent en cadence dans leurs mains lorsqu’ils sont dans une configuration de couples face à face. Apothéose, nous sommes enivrés face à la technique et à la joie de la troupe qui nous fait face. Ce fut une soirée riche de tout un panel d’émotions, et pour cette première française, tout ceci annonce un bon présage dans le monde de la danse pour les années à venir…

El Cruce Sobre El Niagara : Chorégraphie Marianela Boàn. Musique Olivier Messaien. Costumes Leandro Soto. Lumières Carlos Repilado. Durée 24 minutes. / Belles Lettres : Chorégraphie Justin Peck. Musique César Franck. Costumes Harriet Jung et Reid Barteleme avec Mary Katrantzou et Marc Happel. Lumières Mark Stanley. Régisseur Jared Angle. Durée 18 minutes. / Imponderable : Chorégraphie Goyo Montero. Assistant à la chorégraphie Ivan Gil Ortega. Musique originale Silvio Rodriguez. Musique composée par Owen Belton. Costumes Goyo Montero et Archel Angelo Alberto. Lumières Goyo Montero et Olaf Lundt. Durée 25 minutes. / Mermaid : Chorégraphie Sidi Larbi Cherkaoui. Assistant à la chorégraphie Jason Kittelberger. Musique composée par Woojae Park et Sidi Larbi Cherkaoui. Avec la musique additionnelle d’Erik Satie. Lumières Fabiana Piccioli. Robe rouge crée par Hussein Chalayan. Costumes Roxanne Armstrong. Durée 15 minutes. / Twelve : Chorégrahie Jorge Crecis. Assistant à la chorégraphie Fernando Balsera. Musique Vicenzo Lamagna. Costumes Eva Escribano. Lumières Michael Mannion et Warren Letton. Adaptation lumières Pedro Benitez. Durée 18 minutes.

Éléonore Kolar

ACOSTA DANZA / CARLOS ACOSTA Première française prochainement aux Nuits de Fourvière : 2 places à gagner !

L’Alchimie du Verbe en partenariat avec les Nuits de Fourvière participe une fois de plus à l’opération Coup de cœur des blogueurs, en retenant cette année un spectacle de grande envergure : la venue de la compagnie cubaine Acosta Danza dans un programme de cinq pièces montées par divers chorégraphes. Fondée et dirigée depuis des années par l’un des meilleurs danseurs de notre époque, Carlos Acosta, la compagnie Acosta Danza sera donc à Lyon les 7 et 8 juin 2018 pour faire découvrir au public toute la virtuosité des danseuses et danseurs qui la composent ainsi que le talent des chorégraphes en question.

Si le public français méconnaît quelque peu ce danseur hors-norme, prenons quelques instants afin de le présenter. C’est en 1990 que Carlos Acosta, alors jeune danseur talentueux de Cuba, remporte la médaille d’or du prix de Lausanne, prestigieux concours de danse en Europe. Il ne cessera par la suite de remporter des prix, et décolla pour une carrière exceptionnelle qui fera de lui l’un des plus grands danseurs de son époque. En effet, il fut pendant près d’une dizaine d’années l’étoile du Royal Ballet de Londres, interprétant brillamment tous les grands rôles qu’on lui assigne. Fort de son physique exceptionnellement athlétique et masculin, Carlos Acosta ne laisse pas indifférent : puissant et souple à la fois, ce danseur nous touche par sa technique mais aussi et surtout par son charisme. On le retrouve à travers le monde auprès de grandes compagnies comme l’Opéra de Paris, l’American Ballet Theatre ou encore le Ballet du Bolchoï. Il sera en outre nommé Commandeur de l’Ordre de l’Empire Britannique en 2014 en honneur à son engagement pour la danse et pour le ballet de Londres.

À la suite de cette longue carrière de danseur-interprète, il fait ses adieux en 2015 au Royal Ballet et repart aux Antilles pour fonder sa propre compagnie : Acosta Danza. Composée d’une vingtaine de danseuses et danseurs, de deux professeures et présidée par l’ancien étoile, la compagnie ne cesse d’accroître son prestige depuis plusieurs années. Elle collabore avec un grands nombres d’artistes comme Justin Peck, Sidi Larbi Cherkaoui ou encore Goyo Montero, et son répertoire se situe entre danse néo-classique et contemporaine. C’est donc avec un grand honneur que la ville de Lyon l’accueille afin de présenter lors des Nuits de Fourvière cinq merveilleuses pièces. D’une durée de deux heures, la soirée nous invite à découvrir chaque artiste en commençant par la chorégraphe cubaine Marianela Boan, peu connue en dehors de l’archipel, pour une traversée lyrique des chutes du Niagara, El Cruce Sobre El Niagara. Le newyorkais Justin Peck prendra ensuite la place tout en douceur avec Belles Lettres, pièce sur pointes évoquant les beaux arts. Twelve de Jorge Crecis fera prendre un tournant moderne et urbain à la représentation avec un jeu scénique tout à fait original : les interprètes évolueront sur scène entourés de liquide pailleté. Enfin, retour à La Havane avec une pièce pour douze danseurs commandée par Carlos Acosta au chorégraphe espagnol Goyo Montero, Imponderable, où la musique prendra une place particulière car inspirée de Silvio Rodrigez, grand guitariste cubain. Et pour compléter en beauté ce tableau très diversifié, nous aurons la grande occasion de voir danser Maria Ortega et Carlos Acosta lui-même dans un duo chorégraphié par Sidi Larbi Cherkaoui intitulé Mermaid, sur la musique d’Erik Satie.

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Acosta Danza © 2018 / Festival Les Nuits de Fourvière

Ce spectacle a particulièrement retenu mon attention, car Carlos Acosta reste l’une des figures les plus importantes de notre époque dans le milieu de la danse, et il est toujours impressionnant de voir sur scène un artiste d’une telle renommée. De plus, sa compagnie offre un vivier de jeunes talents que nous verrons exercer leur virtuosité à travers des œuvres très différentes les unes des autres. La compagnie Acosta Danza est comme une extension du talent du danseur qui a sûrement insuffler à ses danseurs.euses la vigueur dont il a toujours fait preuve. Les chorégraphies sont signés de noms importants qui n’ont que très peu déçu leur public. Le tout forme donc un mélange d’une rare intensité, et fera vibrer l’amphithéâtre surplombant la ville de mille et une saveurs venues des Antilles et des quatre coins du monde…

Eléonore Kolar

Comme annoncé dans le titre, deux places sont à pourvoir sur le blog pour la première de ce spectacle qui aura lieu le 7 juin 2018 à 21h30 au Grand Théâtre romain du parc archéologique de Fourvière – Rue de l’Antiquaille Lyon 5ème. Nous vous proposons de participer à cette superbe opération, et pour cela il vous suffit de commenter l’article en indiquant deux noms de rôles que Carlos Acosta a interprété au cours de sa carrière ainsi que les pièces dont ils sont tirés ! L’un des commentaires sera tiré au sort le lundi 4 juin. Vous avez donc jusqu’au dimanche 3 juin minuit pour donner votre réponse, le gagnant sera informé par commentaire.

Un 14 juillet Roots aux Nuits de Fourvière

Dans le cadre du Festival Les Nuits de Fourvière

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© Paul Bourdrel / Ina de Yard

Cette année encore pour la fameuse nuit du 14 juillet, la scène s’est illuminée dans le vieux théâtre romain. La magie qui y opère a chargé les pierres grises de sable fin des Caraïbes tandis que les tambours d’Inna de Yard et la verve provocatrice de Calypso Rose ont rempli l’espace sonore de leurs musiques roots. Le collectif Inna de Yard a fait une entrée qui est presque passée inaperçue sur scène. À la file indienne, ils chantaient déjà et ils n’ont pas arrêté jusqu’à la fin de leur set qui a fait resurgir quelques-uns des plus beaux morceaux de reggae connu. Les percussions puissantes ont su réveiller le public. Avec joie, tantôt parsemée de mélancolie, ces musiciens passionnés ont offert à une assemblée pleine de ferveur une communion musicale. Les émotions transparaissaient à travers les voix, dont celle de l’inimitable Cedric Myton lors de son interprétation de Youthman.

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Cette chanson fut écrite en 1979 pour prévenir la jeunesse jamaïcaine des gangs qui continuent encore à sévir sur l’île. Reprise en chœur par Kiddus I & Co, elle a été le vrai signal de départ de la soirée. Inna de Yard, signifie “dans la cour”, en raison de ces traditions de Kingston qui voulaient qu’on fasse cuire le repas dans la cour derrière la maison. Cette « cour » où se mêlent les générations, c’est la scène du théâtre de Fourvière pour une nuit, entre ces ténors oubliés des années 70 (dont Kiddus I et Cedric Myton) et la jeune génération du reggae comme l’infatigable Derajah. Le collectif Jamaïcain clos cette première partie tambours battants. Elle a offert à l’assemblée un voyage dans l’histoire du reggae et une belle ouverture vers le futur de cette musique.

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© Paul Bourdrel / Calypso Rose

Intraitable et infatigable, tout le monde s’accorde à le dire : Calypso Rose reste “Calpyso Queen”. Celle qui a remporté le prix de “Meilleur Album de musique du Monde” en février aux victoires de la musique et qui a mis le feu au Zénith de Paris à cette occasion revient encore une fois à Lyon pour un show travaillé.

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Le Calypso, aussi appelé Kaiso, est originaire des Antilles. Historiquement, c’est une musique de Carnaval à deux temps. Mais c’est également une chanson à textes, ce qui en fait incontestablement une arme de choix aux mains de McCartha Linda Sandy Lewis, alias Calpyso Rose, pour propager tous ses messages, et spécialement celui sur l’inégalité homme-femme. Le genre fut dévoilé au grand public pour la première fois aux Etats-Unis par les Andrews Sisters.

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Depuis, il a fait son chemin pour devenir une des musiques les plus appréciées du monde et la Queen (Calypso Rose NDLR) l’a rendue engagée avec des titres comme Leave me Alone qu’elle interprète lors de cette nuit du 14 juillet.

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Calypso Queen est consacrée en 1977 lors de la “Trinidad road march”, un “concours musical” qui a lieu lors du carnaval de Trinidad et Tobago et qui voit se produire ce qui se fait de mieux en artistes de Calypso. Il sera renommé un an plus tard “Calypso Monarch” en l’honneur de Calypso Rose qui signera un nouveau succès cette année-là. Elle partage avec enthousiasme cette musique engagée à la rythmique entraînante.

Pour cette soirée aux nuits de Fourvière, elle s’est entourée de musiciens plus talentueux les uns que les autres et qui aiment à le prouver durant tout le concert en se livrant à des battles. Il y a également une véritable complicité entre les musiciens, les chanteuses et la Reine de la soirée et on peut voir un profond respect qu’ils éprouvent à l’égard cette dernière. Le fil rouge de la soirée est alimenté par des anecdotes personnelles de la vie de Calypso Rose qui font référence à ses musiques, souvent en prenant le public à parti avec une verve étonnante et cadencée par ses déhanchés antillais toujours aussi maîtrisés.

La reine tire sa révérence sur le traditionnel feu d’artifice qui éclate au-dessus des arcades du théâtre. C’est à la lueur des explosions que son sourire retourne dans l’ombre, accompagnée par le régisseur de la scène des nuits de Fourvière, infatigable au cours de cette soirée à la servir.

Calypso rose is Calypso Queen, long life to the Queen !

feux d'artifice sur fourvière

© Paul Bourdrel / Feux d’Artifices sur Fourvière

Vianney Loriquet

L’Espace Furieux de Valère Novarina prochainement aux Nuits de Fourvière : Coup de cœur des blogueurs (2 places à gagner) !

Au Festival des Nuits de Fourvière

Dans le cadre de cette opération coup de cœur des blogueurs, L’Alchimie du Verbe a choisi L’Espace Furieux. Nous vous proposons d’aller à la découverte de ce spectacle dirigé par Aurélien Bory assisté de Taïcyr Fadel avec la 76 ème promotion Jalila Baccar / Fadhel Jaibi de L’ENSATT (École Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre). Le spectacle aura lieu du 26 juin au 7 juillet à 20h au théâtre Laurent Terzieff, lieu de représentation situé au cœur de l’école. Vous pouvez encore vous procurer des places auprès de la billetterie du festival.

Valère Novarina a déjà fait l’objet de nombreux articles sur notre blog. Les productions de l’ENSATT sont également d’un intérêt tout particulier puisque ces travaux dirigés par des metteurs en scène renommés ont lieu chaque année. L’intérêt de leur programmation aux Nuits de Fourvière est de permettre sans doute à un public plus large de les fréquenter. L’école a en effet pour coutume de présenter au public des productions d’élèves dirigés par des professionnels et ce tout au long de l’année ou même d’inviter des anciens à se produire dans ses murs. En mars 2016, j’avais pu découvrir un « atelier-spectacle » dirigé par Julie Berès avec les étudiants de la 75e promotion Ariane Mnouchkine autour d’une adaptation de Yvonne, princesse de Bourgogne de Gombrowicz nommée Quelque chose pourrit dans mon royaume. Le souvenir de cette représentation reste encore impérissable en moi tant l’énergie et l’aura de tous ces jeunes créateurs dans la scénographie, l’éclairage, les costumes, les décors ou le jeu, m’avait impressionné. C’est donc tout naturellement que je recommande vivement ce spectacle parce que je connais l’exigence artistique et en même temps la très grande créativité et inventivité de ses spectacles d’écoles qui sont faits pour mieux permettre aux étudiants leurs insertions professionnelles mais qui sont aussi de brillantes démonstrations de leurs possibles.

Cette année, c’est donc Aurélien Bory, directeur de la compagnie 111 basée à Toulouse qui dirige le spectacle. Il était notamment présent au festival d’Avignon IN l’année dernière avec sa création « Espæce », une adaptation de l’univers de Perec dans un langage entièrement scénique et non parlé. Dès lors, son travail ne repose par essentiellement sur le texte, ses spectacles proposent des incursions vers la danse, la musique et le chant entre autres à tel point que cette création était répertoriée au festival IN sous le champ d’indiscipline. À noter également qu’il reprend cette année dans les Nuits, Plan B avec des étudiants du centre National des Arts du Cirque le samedi 17 et le dimanche 18 juin au Radiant-Bellevue.

Le texte de Valère Novarina quant à lui L’Espace Furieux publié chez P.O.L en 1997, constitue la version théâtrale d’un spectacle, Je suis, créé le 17 septembre 1991 au Théâtre de la Bastille dans une mise en scène de l’auteur. Valère Novarina est un auteur de théâtre parmi les plus grands du théâtre contemporain, un inventeur de génie qui a créé son propre univers théâtral fondé sur un langage où les mots et les pensées, les gestes et les actions se confondent en une immense genèse de notre humanité. Les spectateurs lyonnais auront pu apprécier son travail au TNP en novembre dernier Le Vivier des Noms. Il était également venu à Lyon pour une rencontre organisée par le laboratoire MARGE de l’Université de Lyon 3 dont je vous recommande vivement le podcast car on y retrouve de très beaux échanges de l’auteurs avec les étudiants en lettres qui abordent de nombreuses thématiques de son œuvre. Enfin, il était également présent à la dernière fête du livre de Bron pour parler de son nouveau livre Voie Négative paru en février dernier chez P.O.L et qui contient une version pour la scène du Vivier des noms, Entrée perpétuelle. J’avais pu en évoquer la publication dans un de mes billets alchimiques sur le Journal Radiophonique Amplifié de Trensitor que vous pouvez retrouver sur le site de la Web-radio.

Aussi, comme annoncé dans le titre, deux places sont à gagner sur le blog pour la première du spectacle le lundi 26 Juin au théâtre Laurent Terzieff. C’est donc avec un immense honneur que nous vous proposons de participer pour tenter de les remporter. Pour faire partie de l’heureux élu qui pourrait gagner ces deux places, il vous suffit en commentaire d’indiquer n’importe quel nom d’un des personnages d’une des pièces de Valère Novarina (c’est chose assez aisée car il y en a plusieurs milliers, Le Drame de la vie par exemple en compte pas moins de 2587). Un commentaire sera tiré au sort le vendredi 23 juin. Vous avez donc jusqu’au jeudi 22 juin minuit pour commenter et donner votre réponse en commentaire de cet article. N’oubliez pas de préciser la pièce dans laquelle ce personnage apparaît !

Nuits de Fourvière 2017: la programmation dévoilée

La nouvelle édition du festival se déroulant à Lyon du 1er juin au 5 août a été dévoilée aujourd’hui. Le mythique groupe de rock Arcade Fire est programmé le 5 juin. Parmi les têtes d’affiche, seront présents Benjamin Biolay, Camille, Norah Jones, Paolo Conte, Brian Wilson.

La programmation du festival des Nuits de Fourvière a été enfin dévoilée, et cette édition ne risque pas de décevoir avec la présence de nombreuses têtes d’affiche. 

nuit de fourvière

Conférence de presse à la Villa Florentine, jeudi 23 mars 2017

Comme prévu, -M- se chargera de l’ouverture avec « Lamonali », son aventure malienne en compagnie de Toumani et Sidiki Diabaté. Le mythique groupe de rock canadien Arcade Fire est programmé pour le 5 juin au Grand Théâtre. L’Italien Paolo Conte, auteur de « Come di », revient à Fourvière, le 20 juin. Brian Wilson viendra jouer son mythique album « Pet Sounds » le 17 juillet. Vianney se produira le 24 juillet, Norah Jones le 25 juillet. Seront aussi présents Camille, Imany, Benjamin Biolay, Julien Doré, Les Insus, Pink Martini, Alt-J.

Côté théâtre, les Chiens de Navarre viendront présenter leur dernière création autour de la question de l’identité nationale, « Jusque dans vos bras », du 7 au 11 juin. La pièce « Comme un poisson dans l’autre », écrite par Fellag, est prévue pour le 30 juin. Le festival accueille Isabelle Huppert pour une lecture de textes de Sade, « Juliette et Justine, le vice et la vertu », le 3 juillet.

Enfin, côté opéra,  l’Orchestra di Piazza Vittorio, sous la direction musicale de Mario Tronco, offrira une relecture du Don Giovanni de Mozart du 13 au 15 juin.  Petra Magoni incarnera un héros androgyne.

Cette année, les Nuits de Fourvière proposeront 139 représentations, 34 dévolues au théâtre, 74 au cirque et à la danse, 31 aux musiques.

Retrouvez ici toute la programmation de l’édition 2017, date par date: http://www.nuitsdefourviere.com/programme

David Pauget

Marius, Fanny, César, La Trilogie par la Compagnie Marius d’après Marcel Pagnol (Nuits de Fourvière)

Dans le cadre des Nuits de Fourvière aux Subsistances jusqu’au 10 Juillet

Le spectacle de la compagnie Marius autour de la trilogie de Marcel Pagnol est un travail intéressant qualifié comme étant partie intégrante de leur répertoire. En effet, on sent toute la complicité et toute la force de persuasion des comédiens, une passion frivole et généreuse qui correspond à l’idéal d’une troupe à l’ancienne, précaire et attachante.

Ainsi, la compagnie effectue un travail remarquable autour des pièces de Pagnol, une énergie burlesque se dégage de leurs jeux, le spectateur se laisse séduire promptement par la justesse et la beauté fragile des échanges. La force comique des trois spectacles nous plonge dans une jouissance incongrue et assez rare au théâtre.

Le travail de la compagnie belge s’adoucit d’une certaine candeur par la promiscuité de leurs accents.

L’ensemble est joué dans la magnifique cour des Subsistances, dans une forme de théâtre tréteaux, avec quelques objets, un décor circonspect et quelques apparitions surprenantes.

L’ensemble est agrémenté par un repas servi par la troupe, en plusieurs parties avec un menu assez alléchant (Gaspacho de Tomates, Bouillabaisse de Poisson avec ses moules servie avec de la rouille et un petit Chardonnay, Bière (de la Chouffe !) et Eau Minérale, et enfin des Gâteaux avec un café crème).

Ainsi, il s’agit d’une véritable expérience, où se retrouvent les habitués de cette compagnie qui a déjà jouée plusieurs fois dans le cadre des Nuits de Fourvière, et un public conquis par la hardiesse déconcertante des comédiens, mettant leurs talents au service d’une cause indéfectible : faire rire tout simplement en racontant une histoire, et il n’y a rien de mieux que Pagnol pour cela, et cette troupe l’a très bien compris !