Si la pièce expose quelque chose qui habituellement est caché au public, l'espace scénique est quand à lui une grosse boîte à secrets dont on ne sait rien des rouages. Sans cesse jouant entre la vue et l'ouïe, Ecouter, Voir se donne à comprendre finalement avec tous les sens et laisse notre imagination déborder au point de s'approprier l'oeuvre comme il nous plaît.
Auteur : eleonorekolar
Gravité, poids, pesanteur [ 18ème Biennale de la Danse]
La force de gravitation est au fond ce qui nous permet de danser comme nous le faisons sur notre planète. Immanente, impalpable, invisible, c'est pourtant elle qu'on a l'impression de percevoir, toucher et ressentir dans la danse. Elle est une force qui en fait naître une autre en nous, l’irrésistible et essentiel besoin d'aller et venir, pour rencontrer l'autre, pour rencontrer le mouvement.
Eins, Zwei, Drei / Martin Zimmermann [Première Française]
On n'est pas dans un jeu d'acteur, bien qu'ils jouent un personnage, ni même dans le mime même si le clown ne parle presque pas. Pourrait-on être dans l'acrobatie qu'elle se transforme en chorégraphie, approcherait-on la farce qu'en son exécution se cache un propos sérieux sur la société.
Augusto / Alessandro Sciarroni [ Création 2018 ]
L'enjeu de cette performance a été d'utiliser le rire à des fins dépassant le simple effet comique ou spectaculaire. Imbriqué à un questionnement sur la danse, nous voyons comment nos états émotionnels influent sur notre corps. Cela ouvre un champ des possibles immense quand à la représentation chorégraphique que l'on se fait des émotions, à leur utilisation comme forme de méditation, et enfin aux effets que cela peut avoir sur le spectateur.
ARCHIPEL FLAMENCO AUX NUITS DE FOURVIERE : EDUARDO GUERRERO / MARÍA PAGÉS
Sous couvert de nous montrer une force incroyable voire de l'orgueil, le flamenco dépeint des émotions bien plus contradictoires. C'est aussi une femme ou un homme qui souffre et qui veut dépasser cette souffrance, la sublimer pourrait-on dire. D'un côté il semble tenir en laisse ses émotions et les dompter à la manière d'un torero, d'un autre c'est justement parce qu'elles le ronge qu'il veut les écraser, les faire disparaître sous ses pieds, les faire fuir avec ce vacarme, ce roulement de pierres qui jaillit de toute cette entité.
ACOSTA DANZA / CARLOS ACOSTA aux Nuits de Fourvière
Ainsi, cinq pièces nous ont été présentées, toutes très différentes les unes des autres et chorégraphiées par des artistes des quatre coins du monde, nous ouvrant ainsi sur toute une panoplie de gestes et de styles, de prise de l'espace et de rapport à l'objet scénique tantôt ludique, tantôt lyrique. Passant d'un tableau à un autre, les transitions ne sont pourtant pas rudes, car nous sommes rapidement emportés dans la poésie de chaque œuvre qui mêle avec intelligence tous les aspects d'une œuvre complète.
