Festival d’Avignon 2017

Saigon dans une mise en scène de Carolina Guiela Nguyen par la compagnie les Hommes approximatifs

Jusqu’au 14 Juillet au Gymnase du lycée Aubanel

Une magnifique leçon de vie…

J’avais pu voir Le Chagrin en 2016 et déjà ce spectacle était très touchant. En s’immisçant dans une dimension de mémoire historique, la compagnie les Hommes Approximatifs rehausse sa poésie des corps et des larmes en lui conférant une vitalité pleine d’espoir. Car ce que montre la metteuse en scène en partant d’un lieu qui pourrait être commun à Saigon et à Paris à 40 ans d’intervalle (1956-1996), le restaurant qui est figuré sur scène, ce sont des correspondances subtiles, des parfums de rencontres et de traversées qui sont autant d’instants fragiles et incertains. La force de ce spectacle, c’est qu’il succombe aux temporalités et qu’il innerve des histoires intimes en racontant une expérience collective de l’exil, et de la difficulté du retour au pays natal.

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Saigon © Christophe Raynaud de Lage

Une voix narrative, celle de la serveuse du restaurant, tisse les liens entre les différentes histoires et se fait la rhapsode de tant de tristesses et d’espérance. Les personnages qui sont à Paris en 1996 viennent de Saigon, qu’il ont dû quitter soit pour des raisons politiques, soit pour suivre l’amour de leur vie, un soldat français. La pièce s’inscrit dans ces deux temporalités, et nous montre les relations complexes des personnages à leurs propres histoires, et cela culmine quand l’un d’eux retournant en voyage à Saigon après l’avoir quitté 40 ans plus tôt, n’arrive plus à se faire comprendre car il a oublié sa langue natale ou la maîtrise mal. Cette difficulté à se comprendre parce qu’on ne parle pas la même langue ou qu’on parle mal le français dans le cas des échanges entre français et vietnamien crée des moments cocasses et drôles mais est en même temps le signe d’une tragédie intemporelle, celle de devoir inventer une langue. Et cette langue qui est magnifiquement inventée surtout dans le jeu des comédiens, c’est la langue de l’émotion. C’est là une des grandes forces dramaturgiques du spectacle, c’est cette capacité instillée par les comédiens à exprimer par la force redoublée de l’émotion, ce qu’il ne peuvent exprimer dans la parole contrainte par la barrière de la langue. Le sourire et les larmes et surtout la voix pour le chant sont cette émotion qui appelle une grande poésie dans le spectacle et qui saisit le spectateur. Cette langue du corps qui s’invente aussi dans les gestes et les déplacements nous propose un théâtre plein de douceurs, mais dont la douleur transparaît peu à peu et explose en des moments d’intenses recommencements. L’écriture des échanges entre les personnages est toujours belle dans sa simplicité et dans son extravagance de légèreté malgré la touffeur de certaines situations.

En même temps, cette pièce aborde la difficulté de répondre à un passé colonial encore douloureux et montre l’implication de notre pays dans des déportations honteuses et indignes, comme celle qui est évoquée avant-guerre pour le travail dans des usines d’armements dès 1939. Il montre aussi que cette guerre, dans la parole des soldats et de tout ceux qui l’ont vécue reste secrète, comme une blessure que le silence ne fait que creuser. Il évoque aussi le long exil de vietnamiens qui ayant travaillés pour les français furent contraints de fuir et parfois attendaient en France dans des camps qu’on leur trouve une place sur le territoire de manière purement arbitraire. Un des personnages Antoine qui est le fils d’une femme ayant épousé un soldat français à Paris semble tout ignorer de l’histoire de sa mère, de sa langue. En outre, la France des années 60 est représentée comme inconsciente de ce qui se serait passé comme guerre au Vietnam. La véritable guerre qui va s’initier par la génération qui suit celle de cette guerre, c’est peut-être celle de la reconquête de cette mémoire, car l’on voit leurs enfants acheter des billets d’avion ou accompagner leurs parents pour qu’ils revoient leurs pays. Bien plus que des fractures et des blessures, Caroline Guiela Nguyen nous montre des visages qui errent dans ce restaurant cherchant leurs ombres ou la lumière exaltante de la beauté de leurs complicités.

La mise en scène figure un restaurant vietnamien en représentant dans les moindres détails sa disposition et sa décoration avec une partie de la cuisine qui est visible ainsi qu’une sorte de petite scène avec un micro. Ce restaurant change de pays et de temps avec une simple indication de date. L’ensemble des échanges est presque toujours accompagné de musiques et de sons qui bien plus que des étais dramatiques est un voyage au seuil de nos perceptions, car notre regard par ce prisme est davantage porté à contempler l’émotion des corps que la parole des comédiens. La musique est finalement ce qui permet de faire advenir sans cesse cette émotion ardente et irrésistible. Et quel frisson incroyable lorsque les comédiens interprètent des chansons et qu’on entend Christophe et Sylvie Vartan résonner !

Saigon est une magnifique leçon de vie, une pièce sur l’amour et l’exil qui nous parle d’une mémoire oubliée et douloureuse, puisque ce restaurant parisien est Saigon, étant fréquenté par les exilés. Par là, le spectacle souligne que le monde entier est Saigon et ce restaurant installé en France en ait la preuve ultime, et tel que le dirait Koltès le désir est un bout du monde qui appartient à tous. On attend avec impatience les futures pièces de cette compagnie car on sent qu’au delà de toute la facture complexe et irréprochable du spectacle se loge une sensibilité éclatante si rare au théâtre, ou trop souvent exacerbée par le jeu d’acteurs ou la langueur des tensions, sensibilité qui nous porte et nous brise car elle renvoie à chacun l’image de ses propres mensonges et sa peur d’être au monde. Comme le dit la patronne du restaurant lorsqu’on lui demande pourquoi elle ne montre jamais qu’elle a mal à l’intérieur, c’est parce qu’elle ne veut pas que les autres aient autant mal qu’elle. Il ne reste plus dès lors qu’à ressentir ce qui se dit et suivre l’histoire dans ses péripéties et ses patientes espérances.

Raphaël Baptiste

Les Parisiens d’Olivier Py

Du 8 au 15 juillet à 15h00 à la Fabrica

Une orgie de pensées sublimes et drôles…

Olivier Py a choisi d’adapter pour la scène son roman les Parisiens paru chez Actes-Sud en août 2016. Le spectacle dure environ quatre heures, quatre heures d’une farce et d’un festin de lyrisme, si bien traduit en théâtre qu’on ne perçoit pas que la pièce serait l’adaptation d’un roman, surtout si on ne connaît pas l’œuvre. Olivier Py renoue avec sa langue portée par une poésie lyrique, elle-même parfois caricature de lyrisme dans ses formulations ampoulées, qui créent la substance d’une langue singulière pleine d’une inertie théâtrale grandiloquente. La parole poétique est diffuse dans l’ensemble du spectacle, elle est présente chez les personnages qui figurent l’espérance et la fougue quand d’autres incarnent la médiocrité et la facétie. L’ensemble est beau, d’une beauté qui est sans cesse rehaussée par l’interprétation des comédiens qui oscille entre des traits comiques, des déclamations inquiètes ou exaltées, des échanges plein de pudeurs ou au contraire sans aucune retenue. L’ensemble n’a de cesse de réinterroger les fondements métaphysiques de l’art sur le ton de la plaisanterie tout en conservant sans cesse une certaine gravité qui est celle de la politique, qui nous montre un monde où les valeurs s’écroulent jusque dans l’institution culturelle que le personnage d’Aurélien veut traverser de son corps et de son âme pour en posséder les désirs secrets.

L’ensemble malgré la longueur du spectacle est d’une très belle facture et nous raconte une histoire en présentant différents itinéraires de personnages qui se rejoignent tous dans cette société parisienne fantasmée et criante. Le personnage central d’Aurélien n’échappe pas à un pédantisme insupportable qui au lieu de le rendre infâme au yeux du spectateur, le fait être autant un naïf candide qu’un démon insatiable. Olivier Py a cependant écrit un personnage autre, Lucas qui est le plus intéressant de toute la pièce et qui semble véritablement se mettre hors de mal en quelque sorte en ne succombant pas à la tentation d’être parisien. En effet, le parisien est précisément celui qui veut tout, alors que Lucas est celui qui comme le dirait Rilke, perd sans limites et en cela il est le peut-être le plus homme, plus proche de la noirceur qui nous prend parfois que de la candeur affable des autres personnages. En réalité, l’itinéraire du personnage de Lucas (interprété par Joseph Fourez) est peut-être le seul de toute la pièce qui ne soit pas caricatural. Il incarne presque une traversée du monde mystique, une recherche de son identité, et les scènes d’échanges entre son père interprété par Philippe Girard et lui sont tous simplement transpercées d’un vacillement qui leur confèrent une portée sublime et tressaillante. Lucas est l’écrivain qui déchire son manuscrit pour le jeter aux toilettes…

Les Parisiens

Les Parisiens © Christophe Raynaud de Lage

Le plus drôle dans le texte, c’est l’ironie sans cesse acculée sur scène de l’auteur sur son propre travail à travers des piques qui sont autant de critiques auxquelles il pourraient faire face réellement. Si Aurélien est un hétéronyme d’Olivier Py en quelque sorte, l’auteur porte un regard assez caustique sur le parcours du jeune Adrien, qui en réalité par ses provocations et ses manigances n’atteint jamais à l’agapé ou à la métaphysique, mais à l’argent et à la reconnaissance. L’ensemble dans sa profusion est une véritable orgie de pensées. De fait, entre la vingtaine de personnages, chaque figure trouve son accomplissement qu’il s’agisse de scènes de pouvoir avec un ministre de la culture et des personnes influentes et ridicules ou encore de question de passation entre directeur d’opéra, de scènes de revendications du droit des prostituées, de scènes de représentations théâtrales où Mireille Herbstmeyer incarne une vielle tragédienne pleine de désillusion pour le théâtre d’aujourd’hui et qui pousse encore son cri irrévérencieux, de scènes d’intimités où les corps nus se repaissent… Au demeurant, il y a un grotesque lucide dans la représentation du sexe qui montre une sexualité exacerbée mais sublime encore, car elle est le reflet d’une recherche d’identité, la preuve de ce que en jouissant les personnages sont inondés de vie.

Pourtant, et c’est assez fort dans ce travail, Olivier Py ne travaille pas sur la décadence, mais bien sur le comique et chacun des personnages qu’il écrit n’est pas décadent même si ses agissements pourraient l’être pour des intégristes catholiques représentés avec humour au cours d’une scène. Rien ne saurait être décadent, car les personnages ne sont pas en carence de philosophie, ils sont la représentation théâtrale d’un manque essentiel, qu’il s’agisse de la recherche de Dieu, de l’engagement politique ultime, d’une recherche artistique, d’une recherche et d’une demande d’amour, les personnages ne sont pas décadents parce que le monde est encore plus cynique qu’eux. Leur seule espérance c’est d’être pleinement en ce monde, d’où la machine parisienne décrite comme un monstre dans toute la tradition romanesque du XIXème et qui est poursuivie par l’auteur.

Les décors conçus par Pierre André-Weitz sont immuables en quelque sorte, puisqu’ils figurent des bâtiments haussmanniens à travers deux blocs qui servent d’aires de jeu et d’une tenture en fond de scène devant une forme géométrique en forme de toile figurée par des néons. On a l’impression que rien ne pourrait détruire ses bâtiments qui incarnent la puissance en même temps qu’une criante démesure. Mais un autre décor apparaît toujours à travers des tentures qui sont des représentations picturales de scène de la passion ou des filtres qui changent les couleurs de la scène. Un piano à l’avant de la scène et quelques accents d’accordéon accompagnent certaines logorrhées et teintent l’ensemble d’un lyrisme forcené et authentique. Ce texte raconte beaucoup de choses, des choses qui nous parlent peut-être davantage quand on est jeune que lorsqu’on est vieux, car ce que traite Olivier Py avec soin et éclat, c’est bien plus qu’une simple fougue de la jeunesse jusqu’à la folie, c’est ce qui anime tout jeune homme qui croit que la littérature et l’art peuvent sauver le monde et qui voulant tout chambouler dans un grand combat pour reprendre le poème de Michaux devient un opéra fabuleux rimbaldien où le désordre de l’esprit serait sacré et irréversible.

Il y a dans cette mise en scène d’Olivier Py, une dynamique bien plus que grande que dans Orlando ou l’impatience qui vient bientôt irradier les possibles et créer une grande fresque, qui en même temps qu’elle est volubile, instille une histoire de la souffrance et de la douleur dans ce grand damier qu’est le plateau de théâtre et qui toujours à chaque représentation nous apprend à désirer la beauté et l’infini. C’est là le projet d’Olivier Py qui depuis 2014 que nous fréquentons le festival d’Avignon nous pousse à chaque fois et jusque dans la programmation du festival à nous réinterroger constamment sur les formes théâtrales et littéraires. Aussi, Les Parisiens reste un très beau spectacle et dont la tristesse parfois virulente nous ravit, puisque tel que le disent les lettres accrochés en haut du mur du fond de la scène, une étoile brille de nuit et une étoile ne dit rien, et sans l’aide des étoiles, que nous reste-il ? La poésie et ce sans aucune prescription !

Raphaël Baptiste

Antigone de Sophocle dans une mise en scène de Satoshi Miyagi

Dans la cour d’honneur du Palais des Papes jusqu’au 12 juillet (sauf le 9) par le Shizuoka Performing Arts Center.

Antigone ou la source infinie et inquiétante de l’amour

En 2014, Satoshi Miyagi investissait la carrière de Boulbon pour créer le Mahabharata avec une énergie mystique et un travail chorégraphique assez original dont on retrouve quelques traits dans cette mise en scène dans la cour. La Cour est aussi minérale que la Carrière et permet de renforcer l’essence politique de la pièce de Sophocle, car la façade se voit utilisée pour projeter simplement l’ombre des personnages en jouant sur les dimensions et en nous offrant de saisir par ces variations, les différents rapports de force entre les personnages. La mise en scène propose un syncrétisme en quelque sorte entre l’esprit du théâtre grec, des rites japonais essentiellement funéraires et religieux et quelques traditions théâtrales asiatiques liées au théâtre d’ombre indonésien et au nô japonais. L’épaisseur mythique du spectacle disperse la clameur de la tragédie pour en proposer une version où chaque acteur reste arrimé à un rocher, tandis que le chœur prend en charge à travers une voix ou plusieurs voix les répliques des personnages, qui sont des ombres avant d’être des corps.

La scène est rehaussée par la présence en fond de scène de musiciens, essentiellement une formation de percussions (tambours, xylophone) composée d’instruments traditionnels. Le dispositif scénique revêt un choix audacieux, celui de recouvrir la scène dans son ensemble d’une couche d’eau, formant une sorte de lac dans lequel les personnages évoluent. Les jeux de lumières sur la surface de l’eau reflètent ses ondes moirées sur les murs du palais et on dirait que l’eau sans cesse se mire dans la pierre qui l’enserre et dans le ciel qui l’abreuve de la pâleur de la lune qui perce les nuages de cette nuit d’été. C’est sur cette eau figurant le fleuve des morts que se situent des rochers presque semblables à des récifs qui serviront d’aires de jeu pour le tressaillement des corps des comédiens qui font parler leurs ombres et dont on ne perçoit du plus loin de la cour comme au plus proche, que la blancheur inquiétante des costumes et des visages. Les autres comédiens n’ont de cesse de se déplacer dans cette vasque théâtrale, image d’un chœur déjà-mort qui accompagne les personnages dans leur amour ou dans la fureur furibonde de leurs forfaitures. Les musiciens en fond de scène sont également postés dans l’eau. Seul un personnage rituel, une sorte Charon se déplace sur un petit radeau pour apporter les artefacts théâtraux en même temps que l’impériosité de la mort. La scène s’irise parfois de déplacements choraux qui donnent l’impression que la scène pourrait tranquillement vaciller sur ses assises. Quelques chants résonnent encore comme pour revenir à cette tradition du chœur grec dans un souffle à la fois étrange et inquiétant. Le chœur s’habille aussi d’habits blancs et le tissu très léger de leurs costumes n’empêche pas le froufroutement et la volupté des tissus bien que la partie inférieure soit détrempée au moins jusqu’à la jambe.

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Antigone © Christophe Raynaud de Lage

La mise en scène du texte de Sophocle enfin s’accompagne en début de représentation d’un résumé loufoque de la pièce en français comme pour nous avertir de la dureté de ce qui suivra et nous proposer de rire alors que la suite nous laissera plein de colère et de tristesse. Il y a dans la dramaturgie et les échanges gestuels entre les personnages de la tragédie, une véritable recherche dramaturgique qui viendrait presque recréer une cosmogonie de nos désirs. Antigone est représentée dans une rigueur extrême dans la voix qui la porte jusque dans la mort. Elle est postée sur un rocher qui est son piédestal et son tombeau, rocher composite qui forme presque une source dont elle serait l’imperturbable jaillissement. Ce dispositif prend tout son sens lorsque le texte d’Antigone évoque justement Niobé, changée en source vive au creux d’un rocher sur la crête d’une montagne car les dieux auraient eu pitié de ses larmes inconsolables à cause de la mort de tous ses enfants car elle se targuait d’être plus féconde que Junon qui ne supporta pas l’affront. Antigone dans cette mise en scène est bien la source de nos pleurs en même temps que de notre espérance, elle est ce mythe plus que jamais enfoui dans notre inconscient, dans l’histoire du théâtre où ce que le pouvoir politique appelle sédition, le théâtre l’appelle l’amour.

Antigone dans cette version de Satoshi Miyagi accule le mutisme des personnages de la tragédie de Sophocle jusqu’à montrer qu’il n’y a aucun combat intérieur qui supposât d’énoncer une parole engagée. Excepté pour le personnage d’Ismène qui est la seule à tergiverser et à celui de Créon qui se rend compte de son infamie quand il voit mourir son fils, les personnages n’ont plus besoin de parler pour combattre, leur présence en tant que mythe est déjà un corps de bataille, une guerre secrète consommée à la face du monde. Dès lors, leur immobilité sur un rocher, hors de l’eau qu’ils rejoignent à l’heure de leur mort, n’est pas le signe d’une impuissance à imposer leur volonté, ni celui d’une impossibilité de se toucher et d’imposer sa parole face à des corps lointains ou à des ombres majestueuses, elle marque l’écroulement de leurs valeurs et l’évanouissement de leurs idéaux dans un monde totalement abstrus et furieux où la violence exercée contre le juste n’a de cesse de marteler que l’homme est bien le rêve d’une ombre comme le dirait Pindare et que pour entrer dans la lumière, il faut être prêt au sacrifice. Telle une figure pré-christique, l’Antigone de Miyagi raconte le commencement d’un monde où les mythes deviendront la source même de nos questionnements, le fondement de ce qui est l’humanité, sans dialectique, sans contradictions, dans la simplicité des essences, simplement représentées dans un geste théâtral dont la beauté paisible ne fait certes pas trembler les murs mais nous permet dans les anfractuosités du ciel, de l’eau, de la terre et du feu théâtral, d’assister à ce qui fait que le monde existe encore : aimer ne suffit plus, il faut dire qu’on aime jusqu’à en mourir.

Raphaël Baptiste