Corps diplomatique dans une conception et une mise en scène d’Halory Goerger par l’Amicale de production

Spectacle joué au TNG le 24 et 25 novembre 2016 dans le cadre de la manifestation Biennale « Nos futurs »

Attention décollage imminent ! Ce soir nous embarquons à bord du vaisseau expérimental d’Halory Goerger pour suivre le voyage intergalactique de son équipe surnommée le « corps diplomatique ». Inventeur de génie, Halory Goerger continue à nous offrir ses expériences de pensée, deux ans après son best-seller Germinal où il proposait de recréer sur scène l’histoire de l’humanité en une heure top chrono !

(Vous pouvez retrouver Germinal du 1er décembre au 3 décembre aux Subsistances dans le cadre du festival Best-Of.)

 Corps diplomatique est un projet tout aussi fou qui revisite le mythe de la rencontre intergalactique. Plutôt que d’envoyer des bouteilles à la mer interstellaire, qui ont à peu près autant de chance d’être trouvées par une autre forme de vie que de finir échouées sur une plage de la Côte d’Azur, pourquoi ne pas envoyer de véritables artistes en chair et en os au fin fond du cosmos ?

Le pari est lancé, un journaliste de France Bleu est là pour immortaliser leur départ. On visite la station Jean Vilar, un espace entièrement réservé à la création théâtrale. Le but ultime du corps diplomatique est de créer un art nouveau, qui parviendrait à se débarrasser de toutes les contraintes temporelles ou normes sociétales… En découle le projet de dériver ad vitam aeternam dans des galaxies lointaines en attendant une rencontre inespérée avec d’hypothétiques formes de vie, à qui présenter le grand spectacle final !

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Entre comédie interstellaire et science-fiction philosophique, Corps diplomatique explore de nombreuses questions métaphysiques. L’idée est réussie : les quatre astronautes du corps diplomatique devront dériver lentement durant des dizaines de milliers d’années afin de créer-recréer un spectacle. Ils seront finalement cinq car le corps intègre à la dernière minute le journaliste, qui lui y voit une véritable « opportunité professionnelle ». Mais attention c’est un aller simple, aucun retour en arrière n’est possible… Le journaliste va d’ailleurs rapidement se demander s’il a fait le bon choix. Tout est fonctionnel à bord, les comédiens seront remplacés par de nouvelles générations d’artistes grâce à une reproduction in vitro, et font par exemple pousser leur propre soja pour se nourrir.

Hélas la troupe n’a guère de compétences en matière d’art vivant, ce qui va légèrement poser problème au fil des années… Et bien évidemment, tout bascule un beau jour où la station rentre dans l’orbite de Mars et où l’équipage tente de se rapatrier sur les colonies de la planète rouge car les gamètes ont fondu, mettant un terme au projet.Mais pourtant, nous voilà projetés ensuite à des dizaines de milliers d’années face à des comédiens qui ne ressemblent en rien à leur prédécesseur : leur langue a changé, leur manière de s’habiller… Nous assistons alors à une cérémonie très spiritualisée, sur fond de flash lumineux et de musique électronique. Un grand final qui n’est pas sans rappeler l’univers baroque du theatrum mundi, résumé dans ces paroles de Shakespeare « Le monde entier est un théâtre ». A l’inverse à travers cette pièce, la question est de savoir si le théâtre peut figurer notre monde, à travers le temps et l’espace ? Bien que les hommes changent, le théâtre semble demeurer intact et porte en lui un goût d’éternité.

Alice Mugnier

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