La fable tend à rejoindre notre imaginaire collectif lié à la décadence. Les moyens vidéos et technologiques utilisés pour renforcer cette vacuité de l'instant mettent en perspective le désespoir de cette classe pseudo-dominante, qui sentant son incapacité à réagir aux propositions de leur ami, s'innerve dans une douleur enragée et s'insurge contre ce potentat.
Catégorie : Critique de spectacle
Rumeur et Petits Jours par le Raoul Collectif
Le Raoul Collectif nous emporte ainsi dans les coulisses et dans les couloirs d’une dernière émission de radio, dégageant toutes les possibles échéances et déchéances humaines que cela implique. Le spectacle offre un voyage tout en douceur dans l’absurde, dans une réflexion constamment en décalage, fondée sur des préjugés et de fausses sensations de bien-pensance…
Épître aux Jeunes Acteurs pour que soit rendue la parole à la parole d’Olivier Py (Qu’advient-il de la parole) dans une mise en scène de Thomas Pouget par la compagnie de la Joie Errante
Comment passe-t-on d'une parole violente et désaffectée par l'éros à une parole pétrie dans l'agapé et l'universelle conscience de ce que les mots prennent sens dans le collectif ? Et que ce collectif contient tous les acteurs, comme les seuls chantres possibles de la modernité, non pas celle qui dit qu'elle est résolument moderne, mais celle qui affirme que par delà toute forme de poésie et d'art qu'elle continue de porter la parole, de rasséréner les souffrances primitives et présentes pour fonder un nouvel ordre universel qu'Olivier Py nomme catholicité. Il reste que l'univers dans lequel la tragédienne se complaît et qui fait du spectateur un comparse aveugle reste un univers assez drôle, qui se joue du scandale et qui parle vrai, quitte à se moquer d'elle-même...
Le Bel Indifférent de Jean Cocteau dans une mise en scène d’Aliou Cissé par la compagnie Tropiques Atrium (Martinique)
Aliou Cissé nous livre ici un objet théâtral singulier, inspiré d'une atmosphère rugueuse et peu propice à l'amour et pourtant on sent le corps de la femme traversé par mille sensations, peut-être aussi parce que Astrid Mercier (qui prend dèja en charge le personnage de L'Orchidée Violée les jours impairs) est incontestablement une grande comédienne !
L’Orchidée Violée de Bernard G. Lagier dans une mise en scène de Hassane Kassi Kouyaté
L'Orchidée Violée constitue une sorte d'anfractuosité, ainsi que le texte le met en abyme, sur laquelle naît tout un monde de poésie et d'amour. Il s'agit d'une belle œuvre singulière qui ouvre un théâtre unique et magnifique pour qui veut aborder d'autres thèmes dramaturgiques et de la vraie poésie sur scène.
Le Radeau de la Méduse de Georg Kaiser dans une mise en scène de Thomas Jolly avec le Groupe 42 de l’école du TNS
Thomas Jolly donne aux comédiens quelque chose d'une lucidité et d'une clarté qui traversent toutes ses mises en scène, une recherche profonde du sens de chaque mot et du fonctionnement intrinsèque du collectif en un seul cœur tambourinant. Il fixe visiblement un horizon dramaturgique propre à l'angoisse feutrée et au souffle épique de ses travaux, en empêchant la grandiloquence de l'emporter sur la fragilité de l'émotion et la force du devenir théâtral dans le corps du spectateur.
