Karamazov par le théâtre Gérard Philippe de St Denis dans une mise en scène de Jean Bellorini

D’après les Frères Karamazov de Fédor Dostoïevski, traduction André Markowicz, adaptation Jean Bellorini et Camille de La Guillonnière.

boulb

© Christophe Raynaud de Lage

Ce travail nous interroge sur notre profonde humanité, il s’agit d’une très belle adaptation, qui nous emporte même si nous ne sommes pas coutumiers de l’univers de l’auteur russe. L’ensemble se déroule en quatre moments et on en vient à oublier le temps, impression très rare devant une pièce de théâtre qui confirme l’adhésion que porte en lui ce travail fructueux et magnifique.

La Carrière de Boulbon sert ici de toile de fond à la scène, ces roches minérales alourdissent les personnages et leurs anfractuosités donnent un relief à la scène qui utilise les roches pour faire naître des jeux d’ombres et des jeux de lumières. La scénographie de même utilise un dispositif de rails et de déplacements, de modules scéniques qui s’emboîtant les uns dans les autres créent des espaces scéniques contiguës. Au derrière de la scène se situe une sorte de pavillon noir, comptant la place des musiciens présents tout le travail, ainsi qu’une représentation de la maison du père, le toit sert également d’espace scénique. L’utilisation de la scène semble donc totale de même qu’un souffle épique semble s’instituer dès les premières minutes. Pourtant ce souffle épique est sans cesse battu au flanc par des sortes de drôleries, notamment dans l’utilisation de chansons, qui viennent exprimer les avoirs émotionnels des personnages.

L’adaptation se situe en l’endroit de montrer finalement l’opposition entre les trois frères et les antagonismes qui les opposent notamment suite au meurtre du père. Le personnage de Khokhlakova prend en charge un rôle de narrateur, homme travesti ou femme déguisée qui vient annoncer et préciser les ornières des récits et le déroulement de l’histoire. Je ne suis malheureusement pas en mesure de juger de l’adaptation du roman, pourtant je reconnais dans ce travail une grande littérarité . Le roman ne paraît pas avoir été tronqué puisque tous les grands questionnements propres à l’auteur russe y figurent, on sent véritablement que les comédiens investissent leurs textes, chose implacablement difficile lorsque l’on s’attelle à une telle œuvre.

Au demeurant, il s’agit d’un des plus grands, sinon du meilleur spectacle du IN de cette année 2016, un grand moment de théâtre où les effets scéniques sont condamnés par contumace, ou de simples agencements de lumières et de musique mêlées à l’éclat du ciel étoilé et au vent parfois glacé de la Carrière, emporte le spectateur sans un bruit, par la force des mots et le talent indescriptible de l’ensemble de la troupe…

(Ce spectacle fera l’objet sur le blog d’une critique plus approfondie lors de son passage aux Célestins à Lyon, je pallierai d’ici là à ma méconnaissance du roman.)

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