Hacia La Alegria dans une mise en scène d’Olivier Py interprété par Pedro Casablanc

à l’autre scène du Grand Avignon (Vedène) jusqu’au 14 Juillet

Ce spectacle fait vibrer l’espagnol et lui donne les relents d’une étreinte brisée. Le comédien plonge dans son être intérieur, dans une sorte de dépression difficilement définissable ; il se tortue dans tous les sens, en se débattant au milieu d’une lumière dont le mouvement vif empêche qu’on la saisisse et qu’elle illumine la scène d’un seul éclair.

La scénographie est très belle et on reconnaît le travail de Pierre André Weitz, son décor magnifie la relation entre l’individu et le monde oppressant de la ville. Avec l’utilisation d’un simple décor modulable, et d’un écran noir circulaire, la scène devient un espace protéiforme où se joue le drame d’une vie. L’histoire forme une belle fable presque mystique, mais d’un mysticisme suranné et apocryphe, le spectateur ne comprend pas en profondeur les pulsions et les impulsions du comédien. Même s’il entend le personnage dans la diégèse, et qu’il voit le comédien évoluer sur un plateau qui l’assaille toujours un peu plus, et qui n’a de cesse de l’encombrer, le spectateur reste sur ses positions sans que rien jamais ne vienne le renverser par sa flamboyance. Ainsi, l’ensemble forme une matrice fluctuante, le comédien se perd dans ses propres entrailles sans que le spectateur ne puisse véritablement adhérer, compatir.

Ce spectacle manque de dynamisme, ou s’il en a, c’est un dynamisme trop vif qui manque de poésie.
Le texte d’Olivier Py que l’on peut lire en surtitrage donne un intérêt singulier à ce spectacle, il en est la trame la plus lisible et la moins obscure. Le texte contrairement au comédien, ne nous plonge pas dans des méandres infernaux. L’interprétation est de fait trop vivace, et la musique interprétée par le Quatuor à cordes sauve heureusement la pièce de tant de circonvolutions et nous permet d’écouter l’espace d’une heure, une musique enivrante et cruelle.

Une représentation tout de même intéressante mais qui manque cruellement d’amour.

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