El Cid d’après Pierre Corneille par l’AIDAS dans une mise en scène de Danuta Zarazik à la cour du Barouf du 12 au 27 Juillet (voir p 180 pour les nombreuses relâches)

L’académie internationale des arts du spectacle accomplit ici un exploit, elle sait nous donner le texte de Corneille, comme jamais le théâtre ne nous le montrât. En effet, ici le Cid trouve sa plus belle expression, tout ce que la pièce nous ne nous montre pas, cette représentation nous le dévoile dans sa douce cruauté. Nous assistons à la dispute des deux pères, nous sommes les témoins des combats qui se déchaînent entre Rodrigue et le père de Chimène, nous assistons au procès du roi, au désespoir amoureux d’amants fourvoyés, et à la réconciliation des deux amants. Toute chose qui ne nous sont qu’évoqués dans le récit des personnages dans la pièce classique, ici le spectacle tragique prend forme et la pièce dévoile ses secrets. Une partie reprend le texte de Corneille, et une autre décrit l’invisible dans une verve toute aussi jubilatoire. Les comédiens ont un jeu extraordinaire, ils sont plein d’énergie et interprètent si bien les personnages que l’ampleur donnée au spectacle redouble de grandeur. On ne peut qu’admirer l’étrange langage des costumes et des maquillages, du fard qui recouvre le regard de chaque personnage, d’un bleu à la fois pâle et étincelant sur toute leur personne qui leur donnent une beauté et une ardeur sans pareil. Chaque personnage est travaillé avec une précision redoutable, on se rit du burlesque, on frémit devant les devoirs de l’honneur et les amants qui s’enflamment. Nous restons rêveur devant cette tragi-comédie, nous trépignons d’horreur quand l’audace invaincue, à l’ardeur jouissance, laisse place entière à l’amour solennel des deux amants séparés par l’honneur et la haine mais réunit par cette force de la pièce. Cette comédia existentielle qui se trouve être ce spectacle sur tréteaux, est sublimé par les grandes actions et le comique des gestes. Parmi toutes ses merveilles, les comédiens interprètent des danses inspirées du Flamenco et des chants en espagnol, latin, arabe, qui rythment le cours imperturbable de l’histoire et lui donne une grâce flamboyante. La poétique de l’ensemble est une grande effronterie faite aux règles classiques du théâtre dans laquelle Corneille bâtit jadis son histoire, mais permet de mieux mettre en évidence la violence des déchirements dans ce spectacle total où les cœurs sont enhardis par la grandeur et la singularité de la représentation.

 

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