Musique : Festival Woodstower, Grand Parc Miribel Jonage, Lyon

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Jonché dans les frasques d’une verdure à la luxuriance aqueuse au cœur du Grand Parc Miribel Jonage, le festival Woodstower forme un espace de rencontre de l’homme effarouché des temps modernes empreint d’une musicalité enivrée qui emplit l’espace de la nature, d’un souffle renaissant et régénérateur. Les différentes scènes contribuent à créer une multitude d’espaces aux accents différents, de la musique en concert à une forme de musique électrique, le tout dans une ambiance festive, un grand rassemblement votif dédié aux valeurs humaines ainsi que le rappelle Thomas Prian : «  C’est simplement l’idée d’une grande aventure humaine, de lancer un événement différent, où se rassemble une foule hétérogène, qui organise sans hiérarchie, un immense chantier dans la joie et la bonne humeur, mettant au diapason, techniciens, artistes, publics et bénévoles… Le temps d’un week-end ! ».

L’événement ne forme pas véritablement une vitrine de ce que la musique actuelle peut produire sur le court terme, il propose davantage une réflexion et une continuité dans l’échange avec des groupes qui sont des habitués du festival Woodstower comme Mr Oizo par exemple. De fait, les groupes forment un ensemble assez intéressant qui mêle la musique à une certaine vision scénique, qui trouve dans les emportements de la voix et du corps une forme de libération. Pour Thomas Prian, président du comité d’organisation du festival, c’est un élément indispensable : « Je pense que la musique a un rôle social. Je trouve que des jeunes qui hurlent dans un micro, cela montre que le monde va mal. C’est un exutoire, c’est transformer la rage en créativité plutôt qu’en violence. »

Le Festival constitue un événement de grande ampleur dans la région lyonnaise, mais c’est surtout l’occasion d’organiser un grand rassemblement humain. Pour ce faire, le festival met en place quelques petites actions de sensibilisation notamment dans le domaine du développement durable par rapport au tri des déchets, ou à la mise en place de toilettes sèches ; c’est ce que nous explique Thomas : « On essaie de faire les choses bien, de s’appliquer, de faire passer quelques messages aux gens qu’on accueille notamment sur le développement durable… ».

Dans le contexte de crise économique et d’abandon progressif par la société d’une prise en charge d’une culture populaire, qui fait fondre la diversité culturelle des festivals, le festival Woodstower tient une place de choix et forme un lieu dont la ferveur ne peut être ébranlée par le moindre obstacle : «  Il est important de constater que les festivals n’ont jamais attiré autant de monde qu’en ce moment, preuve qu’on a besoin de ces moments… Mais c’est aussi en ce moment que plein de festivals de taille modeste sont menacés par de multiples facteurs… Or à mon sens, il est ultra important que les petits festivals survivent, ceux qui viennent des énergies associatives, et des vrais passionnés. C’est ceux là qui proposent des choses différentes, qui tentent des choses folles, qui permettent à des artistes improbables de se faire connaître… ».

En me promenant dans les différentes allées, j’ai pu constater la grande multiplicité d’un public dont la jeunesse exprimait la fougue de l’envie de se retrouver et de construire un échange, de partager un regard sous le ciel qui faisait résonner les rythmes et les mélodies imminentes dans la brume grisante des sons cémentés, propulsés dans la nature par une ardeur métallique.

Les regards latents dévoilaient dans un frémissement à peine retenu, la transpiration du désir de s’amuser, d’échanger, et d’hurler dans une sorte de catharsis collective, le plaisir du délassement ; de danser dans une frénésie intérieure la beauté de son désir, de partager autour d’un verre, assis sur une herbe fraîche, les sentiments d’un ailleurs miroitant, reflétant la vie vraie dans son inaccomplissable orgueil.

Le festival Woodstower, c’est ainsi l’occasion de s’oublier un peu, non pas dans l’insouciance, mais hors de toute contrainte délétère. C’est vivre l’espace d’un week-end, la sensation de faire groupe, de faire société, ferment et ciment qui manque cruellement à notre société pourrie par l’exclusion : « Je crois plus que jamais qu’on a besoin de moments pour vibrer ensemble, de lieux où l’on peut sortir du cadre classique, où l’on ne vit pas au même rythme que d’habitude. »

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