La Solitude du Coureur de Fond dans un texte d’Alan Sillitoe dans une mise en scène de Patrick Mons

Tous les jours à 10h45 au Théâtre Au Bout de là-bas

La représentation est une course insidieuse contre l’âme enchaînée du personnage Colin Smith. Elle étire d’un trait le texte du romancier pour en montrer les ressorts et en faire ressortir les pulsations. L’interprétation du texte par le comédien est retentissante, elle montre un corps qui se pense puissant et invulnérable mais qui dévoile une âme en son dedans dégoûtée et ulcérée par l’outrageante affliction envers ses semblables, figures d’une autorité intègre et vagissante d’orgueil.

La musique d’Art Peper interprétée par le saxophoniste Essaïe Cid accompagne cette course narrative, cette volonté de raconter, de se confier, de se vider la tête, pris dans un mouvement qui crée un rythme saccadée et qui donne à la pièce l’intensité d’une troussoire fébrile qui crépite dans l’âtre de l’émailleur. Le comédien incarne le personnage avec une robustesse inépanouie, une énergie qui se lasse dans le souffle lucide de son introspection.

Le spectacle forme une belle performance, une partition jouée en smorzando, qui s’affaiblit peu à peu jusqu’à disparaître et n’être plus qu’une ombre dans l’horizon obscurci d’un écran qui s’assombrit, représentation d’une image très juste du refus et de l’agnition, d’un être marginal qui révèle le cœur d’une société frustrante et fiscalement indélébile.

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