Elles se rendent pas compte de Boris Vian dans une mise en scène de Guillaume Bonsch avec Sébastien Faglain au théâtre des Vents du 5 au 27 Juillet à 11h00

Cette représentation est assez atypique, elle nous éclaire par son étrange pouvoir de persuasion. La transposition à la scène de ce pastiche policier de Vernon Sulivan est une grande réussite. La puissance du texte et la sincérité du personnage semblent être fidèles à l’esprit de l’auteur, et le comédien ne se contente pas de réciter son texte seul en scène, il incarne véritablement ce personnage insolent, Francis D. L’ensemble est d’une très grande qualité scénique, l’espace n’est pas encombré de décors ou d’éléments fantaisistes, il est crée par le comédien qui dévoile le décor par la seule force de son corps et de son souffle à l’aide d’un porte-manteau sur lequel est accroché avec des rubans des objets banals de la vie quotidienne.

Pour notre pure plaisir, l’ensemble est ponctué de musiques de jazz, si chères à l’atmosphère des écrits de Vian. L’histoire nous dévoile la cruauté du monde, à travers cet histoire singulière d’une sorte de réseau criminel, dirigé par une femme, et qui tente de s’approcher et d’utiliser Gaya, meilleur amie du protagoniste, pour qu’elle devienne partie intégrante du réseau. L’ensemble est ponctué de travestissements du personnage admirablement bien rendus par la mise en scène et qui écarte le côté grande folle beaucoup trop réducteur et simpliste.

Le comédien joue cette figure de l’insouciance avec une pénétration ardente, il se laisse porter par son rôle avec impériosité, et même si il manque parfois d’énergie et de générosité dans le jeu, il tient d’un seul tenant un jeu uniforme. Ce jeu procède d’un choix assumé, celui de l’insolence du personnage et de sa grande quiétude malgré tout ce qui lui arrive et la violence qui se déchaîne contre lui. C’est aussi une rare pièce du OFF, où la douce voix du comédien ne fait que peu de place au cri et à une voix forte et rébarbative.

L’interprétation est franche et procède d’une très grande maîtrise des enjeux de la pièce et du théâtre même. Ce texte contre-poétique en quelque sorte, est un vrai défi à mettre en scène et de fait ce travail préserve l’essence dramatique de ce pastiche sans tomber dans la dérision et dans la perversion facile à mettre en œuvre pour en tirer des rires graveleux. L’ensemble a besoin encore de travail, mais l’idée est parfaite, il ne reste plus qu’à captiver, à terrifier le public davantage, qui forcément distant par la médiation de la scène, l’est aussi par nature face à ce genre d’histoire.

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